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Logis prévôtalLa prévôté de Larçay formait un hébergement et un fief relevant de l'archevêque de Tours. Elle figure sur le rôle de 1639 avec ses dépendances à Sonzay et à Monts. Le prévôt était tenu de garder l'entrée principale du palais de l'archevêque le jour de son entrée solennelle et de sa fête. Le premier qui nous soit connu et rendit aveu en 1358, fut Pierre de Larçay dont les descendants s'y succédèrent jusqu'au début du XVIIe siècle.
François de Larçay étant mort avant 1632, fut remplacé par sa sœur Françoise qui avait épousé, par contrat du 7 mai 1605, Louis de Voyer, vicomte de Paulmy et de la Roche de Gennes. Peu de temps après, le ménage vendit la "prévosté de Larçay" à Denis-le-Bouthillier de Chavigny qui, le 14 octobre 1637, avait acquis la terre de Véretz, et elle restera annexée à celle-ci jusqu'à la Révolution. A cette époque, elle appartenait à Armand-Louis de Richelieu, duc d'Aiguillon, l'un des plus riches propriétaires de France, émigré en 1792. Dans ses biens qui furent vendus nationalement figure la prévôté scindée en plusieurs lots.
Le logis seigneurial abandonné était en ruines si l'on en juge par la description qui en est faite pour sa vente le 8 vendémiaire an III (29 septembre 1794). L'acte décrit "un bâtiment au levant de la cour, composé au rez-de-chaussée d'une chambre à feu, on monte au premier par un degré de pierre dans une tour, grenier couvert en ardoises, cave voûtée sous la dite bâtisse avec moitié des ruines du ci-devant château". Cette construction, aujourd'hui propriété privée, est toujours debout dans le domaine de l'actuel château de Larçay, et reste un vestige authentique de l'ancienne prévôté de Larçay suscitant l'attention.
De plan quadrangulaire, le logis prévôtal occupait l'angle sud-est de l'ancienne cour qui devait être fermée par un mur, dont les arasements sont visibles sur le flanc de la tour circulaire en moellons. Celle-ci abrite un escalier à vis. A la partie supérieure sont aménagées deux meurtrières pour armes à feu. Le premier étage a été transformé au XIXe siècle en chapelle, et toutes les fenêtres sont garnies de vitraux signés "Lobin 1882". Les combles, sous une charpente en pavillon avec toitures d'ardoises cloutées, sont éclairés par une grande lucarne qui en a remplacé une autre plus petite. Au-dessus de sa croisée de pierre, le tympan encadré de deux pinacles porte un M, initial sans doute de Séverin Morin qui en avait hérité de son beau-père, Lazare Thibault, mort en 1887. Ceci permet de dater cette lucarne néo-gothique de la fin du XIXe siècle.
La cave couverte d'une voûte appareillée en berceau était une vrai casemate avec ses meurtrières. Leur embrasure intérieure forme un rectangle de 65 cm sur 35, et le conduit percé dans la paroi d'un mètre d'épaisseur aboutit à un orifice circulaire, à peine visible de l'extérieure. Le pavillon étant en légère saillie par rapport à la muraille soutenant la terrasse, celle-ci pouvait être surveillée jusqu'à son angle nord où existait peut-être un ouvrage semblable à l'origine ?